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Ce que vaut vraiment un point de GMP et un point de PMP
Un point de GMP ou de PMP ne vaut pas la meme chose selon la capacite autorisee, le departement et le mode de tarification retenu. Cet article donne la mecanique de calcul complete, poste par poste, pour que vous posiez vos propres valeurs notifiees et obteniez un montant defendable en interne.
Chiffrer la valeur d’un point de GMP ou de PMP consiste à poser les équations réglementaires, ramener chaque variation à des points, puis à des euros notifiés. L’objectif est une méthode vérifiable, ligne à ligne, défendable lors de la coupe et en interne.
Nous rappelons l’affectation de points par groupe iso ressources, la relation entre PMP et GMPS, et la conversion de points supplémentaires en montants annuels sur la base de vos arrêtés. Aucune valeur de point n’est avancée : seules valent celles notifiées par les autorités départementales et régionales à votre établissement.
Les équations à poser avant tout chiffrage
Du GMP et du PMP au GMPS
Le GMPS est la somme de deux composantes. Le GMP provient de la grille AGGIR, fondée sur des variables discriminantes cotées A, B ou C avec leurs pondérations en points par groupe iso ressources. Le PMP est issu du référentiel PATHOS, qui agrège, pour chaque résident, des états pathologiques et des profils de soins. L’équation opérationnelle est : GMPS = GMP + 2,59 × PMP. Le coefficient 2,59 traduit la place du PMP dans la formule nationale.
Cette relation ne modifie pas les codages de terrain ; elle en fournit une traduction arithmétique commune pour convertir des points en euros selon vos notifications. Les scores AGGIR et PATHOS restent ceux de leurs référentiels et se défendent avec des pièces.
Les deux forfaits et leurs assiettes respectives
Deux assiettes coexistent. Le forfait global de soins repose sur le GMPS et la capacité autorisée, telles qu’inscrites dans les arrêtés de tarification. Le forfait global dépendance repose sur la somme des points GIR et sur la valeur du point GIR départementale. Dans les deux cas, seules s’appliquent les valeurs notifiées, pas des moyennes.
La méthode ramène toute variation de GMP ou de PMP à un nombre de points total, puis applique une règle de trois avec les valeurs de point de vos décisions et celles visibles dans l’outil public GALAAD lors de la coupe et de la visite de validation.
Le poids des groupes iso ressources dans le GMP
Les points affectés à chaque groupe
Le GMP est une moyenne, calculée sur la base des points attribués à chaque groupe iso ressources. Le rappel ci-dessous objective l’effet de tout changement de GIR sur le total des points.
| Groupe iso ressources | Points GIR affectés |
|---|---|
| GIR 1 | 1000 |
| GIR 2 | 840 |
| GIR 3 | 660 |
| GIR 4 | 420 |
| GIR 5 | 250 |
| GIR 6 | 70 |
Ces valeurs servent au calcul du total de points GIR, puis du GMP comme moyenne. Elles se manipulent sans présumer de la valeur du point en euros, qui relève de l’arrêté départemental.
Ce que change le passage d’un résident d’un groupe à l’autre
Le changement d’un seul résident modifie le total de points GIR et donc la moyenne GMP. Exemple : un passage de GIR 4 à GIR 3 ajoute 660 - 420 = 240 points au total. Si votre capacité autorisée est N, l’effet sur le GMP vaut 240 ÷ N points. Pour N = 84, l’augmentation est 240 ÷ 84, soit un peu moins de 3 points de GMP.
Autre cas : un passage de GIR 3 à GIR 2 ajoute 840 - 660 = 180 points, soit 180 ÷ N points de GMP. Inversement, une entrée en GIR 6 à la place d’un GIR 5 retranche 250 - 70 = 180 points. Ce raisonnement isole l’effet de chaque mouvement et en fournit une trace chiffrée, sans hypothèse tarifaire.
Un point de GMP converti en euros, sans valeur inventée
Le raisonnement en points totaux plutôt qu’en moyenne
Pour convertir un point de GMP en euros, repassez de la moyenne au total : 1 point de GMP supplémentaire sur N places équivaut à N points GIR sur l’année de référence retenue par l’autorité tarifaire. Ces points supplémentaires se valorisent avec la valeur du point GIR départementale notifiée. Le montant obtenu s’ajoute au forfait global dépendance.
Pour le PMP, on passe par le GMPS : 1 point de PMP augmente le GMPS de 2,59 points. Sur N places, l’effet en points totaux vaut 2,59 × N. Ces points totaux sont valorisés avec la valeur du point utilisée pour le forfait global de soins, telle qu’elle figure dans vos décisions annuelles. Le résultat est un montant annuel théorique, établi sans inventer de valeur.
La règle de trois à faire avec vos propres notifications
La méthode se résume à une règle de trois, effectuée avec vos documents notifiés :
- GMP : 1 point de GMP × N places = N points GIR. Montant annuel = N × valeur du point GIR départementale notifiée.
- PMP : 1 point de PMP × 2,59 = 2,59 points GMPS. Montant annuel = 2,59 × N × valeur du point soins notifiée.
Si vous comparez deux scénarios, appliquez la règle de trois à l’écart de points, pas aux niveaux. Dans tous les cas, citez la capacité autorisée, l’exercice de référence et les valeurs de point retenues, exactement telles qu’elles apparaissent dans vos arrêtés et dans les extractions GALAAD, afin que le calcul soit auditable.
Le coût en temps de la préparation
Heures de médecin coordonnateur, de cadre de santé et de direction
Le chiffrage n’a de valeur que s’il inclut le temps réellement consommé. Distinguez les temps par fonction et par tâche : reprise des grilles AGGIR, revue des codages PATHOS, consolidation des historiques, production du dossier de coupe complémentaire de GALAAD, préparation de la visite de validation avec le médecin du conseil départemental et le médecin de l’agence régionale de santé. Ne proposez pas de durée standard : mesurez chez vous, sur un cycle complet.
Pour mesurer, ouvrez un relevé interne par lot de travaux, puis capitalisez les temps réalisés au fil de l’eau pendant trois à quatre semaines. Cette base locale est plus pertinente qu’une moyenne extérieure, car elle reflète votre volumétrie de résidents, vos systèmes de documentation et votre rotation d’équipes.
Le temps invisible des recherches de pièces
Le poste le plus sous-estimé reste la recherche des pièces justificatives, dispersées entre dossiers papier, logiciels métiers, messageries, ordonnanciers et transmissions. Ce temps ne produit pas de points, mais conditionne la défendabilité des codages AGGIR et PATHOS. Sans preuve exploitable, un codage exact peut être abandonné le jour de la visite.
- Établissez la liste des pièces attendues par codage, avec une référence à la variable discriminante ou au profil de soins.
- Assignez un responsable et une échéance par pièce.
- Vérifiez l’extractibilité des preuves, pour éviter les documents enfermés dans des systèmes non interrogeables.
Pour outiller cette étape, voyez le guide Monter le dossier de preuve de chaque codage AGGIR et PATHOS, qui propose une organisation des pièces par résident et par codage.
L’effet sur la durée du contrat pluriannuel
Un écart annuel multiplié par la durée du contrat
Le montant obtenu produit ses effets sur la durée du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, mentionné à l’article L. 313-12 du code de l’action sociale et des familles. La lecture juste consiste à considérer l’écart annuel, puis à l’appliquer au nombre d’exercices couverts par le CPOM, ce qui éclaire l’EPRD chaque année. Cette projection est un ordre de grandeur utile pour hiérarchiser les chantiers de codage et de preuve.
La logique est identique pour le PMP via le GMPS, avec effet sur le forfait soins. Dans tous les cas, conservez dans votre note de calcul la mention explicite de la capacité autorisée, des valeurs de points et de l’hypothèse de stabilité du périmètre.
Ce qui n’est pas rattrapable à l’exercice suivant
Des limites existent : les valeurs de points évoluent selon les décisions départementales ou régionales, la trajectoire peut être revue en cours de CPOM et la structure de votre population change. Un écart non défendu une année n’est pas toujours rattrapable la suivante, surtout sans preuve documentaire. Mentionnez ces incertitudes pour que votre chiffrage ne paraisse pas plus affirmatif qu’il ne l’est.
L’évolution vers une section unique soins et dépendance annoncée modifie les repères. Anticipez ses effets en préparant votre codage et vos preuves dès maintenant : voir Section unique soins et dépendance : préparer son codage dès maintenant.
Les postes que le chiffrage oublie presque toujours
Le coût d’un codage abandonné faute de preuve
Le jour de la validation, un médecin du conseil départemental ou un médecin de l’ARS peut invalider un codage exact s’il ne trouve pas de trace exploitable. Le coût est double : perte de points immédiate et perte récurrente sur toute la durée du CPOM. Documenter chaque variable discriminante et chaque profil de soins avec une ordonnance, un protocole ou une transmission exploitable est une exigence.
Lorsque vous chiffrez l’effet d’un écart de points, ajoutez une ligne dédiée aux codages justes mais fragiles. Cette ligne diminue avec l’organisation continue des preuves, bien plus qu’avec un effort concentré à l’approche de la coupe. Pour la répartition des rôles et des validations, voir Codage, validation, tarification : qui décide quoi exactement.
Le coût de la reconstitution d’un historique perdu
Le changement d’un médecin coordonnateur ou d’un cadre de santé entraîne souvent une perte d’historique : versions de grilles antérieures, motifs d’aggravation, corrélations entre profils PATHOS et prescriptions. Reconstituer ces éléments prend du temps, mobilise des praticiens et n’offre pas toujours une preuve rétrospectivement recevable.
Intégrez ce poste à part entière. La réduction de ce coût passe par la capitalisation continue : un historique lisible des grilles AGGIR et des codages PATHOS, la traçabilité des aggravations et des mouvements, et des pièces justificatives accessibles sans retraitement. Votre dossier de coupe complémentaire s’adosse alors à GALAAD et se présente de manière sécurisée lors de la visite de validation.
En synthèse
Chiffrer ce que vaut un point de GMP ou de PMP revient à convertir des variations en points totaux, puis à appliquer vos valeurs notifiées, sans en inventer. L’effet se lit sur la durée du CPOM et intègre le coût en temps de la préparation, ainsi que les postes cachés : preuve manquante et historique à reconstituer. Formaliser ces calculs dans une note de méthode facilite les arbitrages devant votre conseil d’administration et face aux autorités de validation.
Pour outiller ce travail en continu, la simulation tarifaire et le suivi mensuel dans Ponderea reproduisent les équations, signalent les codages fragiles et listent les pièces à produire, sans se substituer à GALAAD. Vous suivez, mois après mois, les écarts documentés entre la situation tarifée et la situation réelle.
Voir ce calcul sur vos propres codages
La demonstration se tient sur vos grilles AGGIR et vos codages PATHOS, jamais sur un jeu de donnees fictif : vous voyez votre GMP, votre PMP et votre GMPS, leur conversion en dotation soins et en forfait dependance, et la liste des pieces qui manquent pour les defendre.
la preuve d’abord
L’auteur
Jimenez Julien
Il ecrit et maintient Ponderea, le simulateur qui recalcule chaque mois le GMP, le PMP et le GMPS des etablissements accueillant des personnes agees dependantes et les convertit en dotation soins et en forfait dependance. Il suit des preparations de coupe dans des etablissements publics autonomes et associatifs de 60 a 120 places, aux cotes des directions et des medecins coordonnateurs.
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Preparer sa coupe en trois semaines, en trois mois ou en continu
Trois organisations coexistent dans les etablissements pour aborder une validation: la campagne de derniere minute, la campagne longue de recotation et le suivi mensuel du codage.